Certains parcours ne suivent pas de ligne droite. Celui de Jeannine Hillen part d’un amphithéâtre de DCU Business School, l’école de commerce de la Dublin City University, en Irlande, et passe par un service public, deux multinationales technologiques et un deuil précoce, avant d’aboutir à un poste de direction chez Stripe. DCU Business School a publié son témoignage sur le site des anciens élèves ; nous le relayons ici, traduit et clairement sourcé, pour ce qu’il montre d’un chemin universitaire atypique vers le leadership.
De l’amphithéâtre de DCU aux premiers pas professionnels #
Jeannine Hillen a étudié le Marketing International et les Langues (anglais, français, espagnol) à DCU Business School. Le cursus couvrait l’économie, les mathématiques d’entreprise, la culture espagnole et des bases de chinois — une base large qu’elle décrit comme déterminante pour ses choix de carrière ultérieurs. Sa curiosité l’a menée vers un échange Erasmus dans le sud de l’Espagne : une année pour apprendre l’espagnol, suivre des cours de commerce dans cette langue et rédiger un mémoire entièrement en espagnol.
Du service public à la direction Stratégie & Risques chez Stripe #
Diplôme en poche, Jeannine Hillen entre d’abord dans le service public, avant de bifurquer vers l’industrie technologique. Elle gravit les échelons chez eBay Inc., puis prend un poste de direction — Stratégie et Risques, région EMEA — chez Stripe. C’est ce type de reconversion progressive, construite étape par étape plutôt que planifiée d’avance, qui revient souvent chez les personnes qui finissent par occuper des postes de direction.
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Un père métreur, une mère qui n’a jamais cessé d’étudier #
Jeannine Hillen situe une partie de sa motivation dans son histoire familiale. Son père était métreur (l’équivalent français du quantity surveyor britannique), diplômé en gestion de la construction à l’Ulster College, en Irlande du Nord. Sa mère, ancienne banquière, est titulaire d’un B.A. Honours en sciences sociales de la Queen’s University de Belfast — obtenu en partie en étudiant le soir, tout en élevant quatre enfants. C’est cette persévérance qu’elle cite comme sa principale source d’inspiration.
Le deuil à 17 ans, et la décision de poursuivre les études #
Jeannine Hillen avait 17 ans quand son père est mort. Elle décrit ce moment comme le plus dur de sa vie, et aussi comme un tournant : c’est sa mère qui a maintenu le cap sur les études, sans jamais remettre en question le parcours que le couple avait envisagé pour leurs quatre filles. Jeannine Hillen a commencé à DCU l’année suivante. Ce type d’épreuve, et la manière d’en sortir, rejoint des mécanismes plus larges de reconstruction de la confiance en soi après une épreuve personnelle.
Continuer à apprendre : le fil rouge du parcours #
Aujourd’hui mère de trois enfants, Jeannine Hillen dit continuer à se former, convaincue que l’évolution continue — plutôt qu’un plan de carrière figé — est ce qui a le plus compté dans son propre parcours. C’est un constat que partagent d’autres profils passés par une mobilité internationale : les compétences transférables (langue, adaptation, gestion du risque) comptent souvent plus que la trajectoire initialement prévue.
- Un parcours universitaire pluridisciplinaire (langues + gestion) peut ouvrir des portes qu’un cursus mono-filière n’ouvre pas.
- Une mobilité internationale (Erasmus, expatriation) construit des compétences transférables : langue, adaptation, autonomie.
- Une reconversion se fait rarement d’un bloc : Jeannine Hillen est passée par le service public avant la tech.
- Traverser un deuil n’empêche pas de poursuivre un projet déjà engagé — c’est même parfois ce qui le solidifie.
- La formation continue reste, selon elle, le facteur le plus déterminant sur la durée — pas le diplôme initial seul.