Plus d’un dirigeant de TPE sur deux aborde l’automne avec inquiétude, mais la conquête de clients reste leur premier objectif : c’est le constat du dernier baromètre FTPE-VistaPrint, et il dit quelque chose de la façon de tenir quand le moral flanche.
- 53 % des dirigeants interrogés abordent la période avec inquiétude, 16 % se disent très inquiets.
- 40 % placent pourtant la conquête de nouveaux clients en tête de leurs objectifs.
- L’écart d’âge est net : 44 % des moins de 35 ans attendent une hausse d’activité, contre 18 % des 50 ans et plus.
Plan de l'article
Que dit ce baromètre du moral des dirigeants ? #
L’étude, présentée par Presse Agence, baromètre trimestriel de la Fédération des très petites entreprises (FTPE) et de VistaPrint, a été menée par VistaPrint avec l’institut Appinio. Elle porte sur 1 000 dirigeants de TPE et indépendants en France, interrogés du 18 au 30 septembre 2026. VistaPrint vend des services aux petites entreprises : mieux vaut garder ce point en tête en lisant ses recommandations commerciales.
Le tableau est partagé. 53 % des répondants se disent inquiets et 16 % très inquiets. Pour les trois prochains mois, 34 % prévoient une baisse d’activité, 33 % une stabilité et 28 % une hausse. Les soucis les plus cités sont concrets : les charges et les coûts (21 %), la baisse d’activité (18 %), les tensions de trésorerie (14 %).
Un autre sondage va dans le même sens. Le baromètre Ifop-Fiducial rapporté par Batiweb indique que 77 % des dirigeants de TPE préfèrent attendre l’évolution de la situation avant d’investir ou de recruter.
Pourquoi l’inquiétude n’empêche-t-elle pas l’ambition ? #
C’est l’enseignement le plus intéressant pour un entrepreneur. Malgré ce climat, 40 % des dirigeants font de la conquête de nouveaux clients leur objectif numéro un, devant le développement du chiffre d’affaires (34 %) et la réduction des coûts (29 %).
Le président de la FTPE, Jean-Matthieu Delacourt, décrit des dirigeants mobilisés mais freinés par les charges et la complexité administrative. Autrement dit, inquiétude et projet cohabitent chez une même personne. Il n’y a rien de contradictoire à cela : on peut être lucide sur ses chiffres et décider d’agir sur la seule partie que l’on contrôle.
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La question devient alors très pratique : comment éviter que l’inquiétude n’occupe toute la place dans les décisions de la semaine ? Une habitude simple consiste à séparer le temps où l’on regarde la trésorerie du temps où l’on prépare la suite, pour que l’un ne contamine pas l’autre.
Que révèle l’écart entre les générations ? #
L’âge pèse lourd. 44 % des moins de 35 ans s’attendent à une croissance de leur activité, contre 18 % des 50 ans et plus, et 61 % de ces derniers expriment une plus grande prudence. Le sondage ne donne pas la raison de cet écart. On peut y voir l’effet de l’expérience des crises passées comme celui d’un projet encore jeune, sans pouvoir trancher.
Ce décalage est justement ce qui rend un groupe de pairs précieux. Un dirigeant de 55 ans apporte la mémoire des cycles, un fondateur de 30 ans apporte l’appétit et les outils récents. Dans un mastermind bien composé, chacun corrige l’angle mort de l’autre, à condition que le groupe mélange vraiment les profils et ne se limite pas à des parcours identiques.
Se former, oui, mais à quoi ? #
Le baromètre apporte aussi un repère sur les compétences. Pour trouver des clients, le réseau professionnel et le bouche-à-oreille restent en tête (46 %), mais les réseaux sociaux et la publicité en ligne les talonnent (43 %). Le site web est cité par 26 % des répondants, et l’optimisation pour les moteurs de recherche et les assistants d’intelligence artificielle par 18 %.
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Sur l’IA elle-même, 14 % des moins de 35 ans comptent s’équiper ou se former, contre 8 % des plus de 50 ans. Ces parts restent modestes dans les deux cas. Avant de suivre une formation parce que le sujet est partout, un dirigeant a intérêt à partir de son blocage réel : prospecter, se faire connaître, ou simplement dégager du temps.
Comment garder le cap quand les réformes s’accumulent ? #
La charge mentale tient aussi à l’administratif. Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques. Selon l’étude, 51 % des TPE sont prêtes et 24 % en cours de préparation. Mais 48 % y voient une contrainte de plus, et seulement 19 % une occasion de mieux gérer.
Ce type de sujet pèse d’autant plus qu’on le porte seul. Le poser dans un cercle de dirigeants a un effet immédiat : on découvre comment d’autres s’y sont pris, et on arrête de croire que l’on est le seul en retard. Ce n’est pas une promesse de résultat, juste un moyen de réduire l’isolement que connaissent beaucoup de patrons de petites structures.
Questions fréquentes #
Qui a réalisé ce baromètre ?
VistaPrint avec l’institut Appinio, dans le cadre du baromètre mené avec la FTPE, auprès de 1 000 dirigeants de TPE et indépendants, du 18 au 30 septembre 2026.
Quelle est la première attente des dirigeants pour 2027 ?
La réduction des charges et prélèvements, citée par 60 % des sondés pour le prochain chef de l’État, devant le soutien au pouvoir d’achat (42 %).
Faut-il investir malgré l’inquiétude ?
Le baromètre ne tranche pas : il montre seulement que la maîtrise des dépenses (29 %) et le développement d’une nouvelle offre (27 %) sont envisagés presque à égalité.




