Un salarié sur trois qui doute de ses capacités, alors même qu’il s’estime compétent : c’est le paradoxe mis en lumière cette semaine par une étude belge relayée par RTL Info le 28 octobre. Le chiffre concerne la Belgique, mais le mécanisme qu’il décrit, celui du syndrome de l’imposteur, parle à tous ceux qui travaillent sur leur confiance en soi.
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Ce que mesure l’étude Bright Plus #
Selon l’enquête menée par Bright Plus, 33 % des employés belges doutent de leurs capacités professionnelles. C’est neuf points de plus qu’en 2024. La progression est nette sur deux ans, et elle ne s’explique pas par une baisse des performances.
C’est le point le plus frappant du travail : parmi les employés qui manquent de confiance en eux, 82 % déclarent pourtant se sentir compétents dans l’exercice de leur fonction. Autrement dit, la plupart de ces salariés savent faire leur travail. Ce qui vacille, c’est la perception qu’ils ont de leur propre légitimité.
La Dre Hermina Van Coillie, citée par RTL, résume la situation ainsi : « Ce qui est frappant, c’est que ces doutes ne découlent pas de mauvaises performances. » Elle ajoute que cette situation « coûte beaucoup d’énergie » et peut, à plus long terme, peser sur la motivation.
Les jeunes générations en première ligne #
Le doute n’est pas réparti de façon égale entre les âges. Les générations Y et Z sont les plus concernées : 42 % des travailleurs de la génération Y et 41 % de la génération Z doutent de leurs capacités. Le sentiment tombe à 20 % chez les membres de la génération X et à 12 % chez les baby-boomers.
L’explication avancée par la chercheuse tient en une idée simple : l’expérience. « La confiance en soi se développe lorsque l’on réussit une tâche difficile », rappelle-t-elle. Un jeune salarié n’a pas encore accumulé ces petites victoires qui, avec le temps, finissent par former un socle. Il compare son début de parcours à celui de collègues qui ont dix ou vingt ans de métier derrière eux.
Le piège de la comparaison
Ce décalage nourrit un cercle bien connu en développement personnel. On se juge à l’aune des autres, on minimise ce que l’on réussit, on attribue ses succès à la chance ou au contexte. Et l’on finit par se taire en réunion, par renoncer à proposer une idée ou à demander une évolution, de peur d’être « démasqué ».
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Syndrome de l’imposteur : de quoi parle-t-on ? #
Le terme désigne le sentiment de ne pas être à la hauteur, de ne pas mériter sa place, alors que les faits disent le contraire. Ce n’est pas un diagnostic médical : c’est une manière de se percevoir, souvent associée au perfectionnisme et à la peur du jugement. Les personnes concernées ont tendance à sous-estimer leurs compétences, même lorsqu’elles ont déjà fait leurs preuves.
Ce que montre l’étude Bright Plus, c’est que ce sentiment ne relève plus de quelques cas isolés. Quand un tiers des salariés est concerné, la question devient collective : elle touche la façon dont les équipes fonctionnent, dont les réussites sont reconnues et dont les erreurs sont accueillies.
Reconstruire la confiance, pas à pas #
Si la confiance naît de la réussite d’une tâche difficile, alors elle se travaille. Pas par des formules à se répéter devant le miroir, mais par des preuves concrètes que l’on s’autorise à regarder en face.
Tenir le compte de ses réussites
Le doute se nourrit de l’oubli. Noter chaque semaine ce qui a fonctionné, un dossier bouclé, un client satisfait, un problème résolu, permet de confronter l’impression d’incompétence à des faits. C’est un exercice modeste, mais il rejoint exactement ce que décrit l’étude : la plupart des personnes qui doutent sont compétentes, elles ne le voient simplement pas.
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Demander un retour précis
Un « c’était bien » ne rassure personne. Demander à un responsable ou à un collègue ce qui, précisément, a été réussi dans un travail donne une base solide sur laquelle s’appuyer. Côté managers, l’enseignement est le même : un retour concret, donné au bon moment, vaut mieux qu’une évaluation annuelle sans suite.
Accepter la courbe d’apprentissage
Pour les plus jeunes, l’enjeu est de distinguer l’apprentissage de l’incapacité. Ne pas tout maîtriser après quelques mois n’est pas un échec, c’est la norme. Se fixer des défis progressifs, légèrement au-dessus de son niveau, permet d’accumuler ces réussites qui construisent la confiance durablement.
Partager ses doutes
Enfin, parler de ses doutes avec un pair, un mentor ou au sein d’un groupe d’échange permet souvent de découvrir qu’on n’est pas seul. Avec un salarié sur trois concerné, la probabilité que la personne assise en face ressente la même chose est loin d’être faible.
Un signal pour les salariés comme pour les entreprises #
L’étude belge ne dit pas que les salariés sont devenus moins bons. Elle dit qu’ils sont de plus en plus nombreux à ne pas croire en ce qu’ils savent faire, et que ce doute a un coût en énergie et en motivation. Travailler sa confiance en soi reste une démarche personnelle, mais elle avance beaucoup plus vite dans un environnement où les réussites sont nommées et où l’erreur n’est pas vécue comme une faute.
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